Fidelio
Opéra en deux actes de Ludwig van Beethoven
Livret de Joseph Sonnleithner et Georg Friedrich Treitschke "Fidelio ou le mouvement fou de l'espoir"
crée le 01 juillet 2001
L'inouïe terreur
Que faut-il faire de soi lorsque, plus que la mort qui nous ravit les êtres aimés et nous désespère de vivre, le destin nous les dérobe sans laisser de trace.
Pas de deuil possible, la disparition de l'être aimé, sans corps à pleurer, nous met face à un vide, à un abîme sans fond. L'être aimé : il n'existe pas, il n'a jamais existé et notre sentiment, notre amour est devenu un rêve éveillé qui pleure un deuil froid impossible à assouvir.
Le drame de Léonore rejoint les grandes figures des tragédies de l'attente. L'oeil à l'horizon, l'espoir du retour, de l'impossible abandon, de ces nuits où l'on sent vivant encore à côté de nous celui qui n'a plus d'existence. Mais Léonore porte aussi en elle une figure moins contemplative. La disparition de l'aimé, cette terreur inouïe qui rend l'existence inerte et l'âme la plus fidèle à l'état d'ombre vivante, fait jaillir en Léonore une véritable folie du désespoir. Comme si pour être fidèle à soi-même il fallait se disparaître.
La fidélité en l'amour transforme sa personne. Une autre Léonore apparaît : Fidélio libérateur de l'infamie. Celle qui aura la force dans cette descente aux enfers de ramener à la lumière celui que la tyrannie avait condamné à disparaître. Plus qu'un acte politique ou une fable historique, Fidélio dévoile l'humain dans toute son aspiration aux dépassements de lui-même. Fidélio incarne le triomphe de la volonté et de l'espoir face aux mouvements du monde et à leurs destinées tragiques, l'amour de l'autre serait le remède.
Tout comme Fidélio, la musique semble toujours jouer sur le dépassement d'elle-même.
Elle tente de nous montrer les mouvements internes de Fidélio. Il y a de l'incommensurable dans la musique comme dans les engagements de Fidélio. « Ni la nuit, ni la lumière ne peuvent s'entendre. Elles sont pourtant au coeur de la musique de Fidélio et au-delà de toute représentation.»
« Cette nuit et cette lumière, c'est la toute puissance de vie de Fidélio. Elle représente l'unité, l'humain, la clarté dans l'obscurité. L'espace où se jouent ces mouvements comme l'enceinte de la prison, le cachot, les murs, s'inscrit dans une scénographie où l'obscurité et la lumière font corps avec le décor. Pas de représentation, mais les sensations des lieux, l'essentiel doit apparaître et la musique de Beethoven nous donne à voir ce douloureux silence de l'espoir de Léonore.»
Direction musicale : Sebastien LANG-LESSING
Mise en scène et scénographie : Hubert COLAS
Avec : Elisabeth MEYER-TOPSOE (soprano), Patrick RAFTERY (tenor), Olaf HAYE (baryton) Armand ARAPLAN, Andrew GREENAN (basse), Isabel MONAR (soprano), Ruben AMORETTI (tenor)
Images : Marie Jo LAFONTAINE
Costumes : Cidalia DA COSTA
Lumières : Pascale BONGIOVANNNI et Hubert COLAS
Assistant à la mise en scène : Jean-Christophe MAST
Assistant à la scénographie : Erwan GREFF
Régisseur Vidéo : Jean-Christophe AUBERT
Stagiaire à la mise en scène : Justin MORIN
Stagiaire à la mise en scène : Augustin BÉCARD
Direction des études musicales : Henri FARGE
Choeur de l'Opéra de Nancy et et de Lorraine
Direction : Philip WHITE
Orchestre Symphonique et Lyrique de Nancy

