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Jupiter (Thierry Raynaud)Jupiter (Thierry Raynaud)Jupiter (Thierry Raynaud)Jupiter (Thierry Raynaud)Jupiter (Thierry Raynaud)

Jupiter

Thomas Jonigk
crée le 04 novembre 2005

Adaptation théâtrale du roman de Thomas JONIGK

Traduit de l'allemand par Georges-Arthur GOLDSCHMIDT- Editions Verdier.

Jupiter est l'un des romans les plus troublants et les plus violents de la littérature allemande de ces dernières années. Troublant, parce qu'il s'agit moins ici d'homosexualité que de folie, et violent, moins par les scènes de masochisme que par le dédoublement constant du narrateur, devenu à la fois son propre bourreau et l'observateur implacable de ses dérives. Martin, jeune homosexuel au chômage, rencontre un jour, dans un bar, un homme qui le recueille, dont il tient la droguerie et promène les chiens monstrueux. Il s'avère assez vite que cet homme, Jürgen, a commis des actes de pédophilie sur sa propre fille, et que Martin ne l'a suivi et aimé que parce qu'il a lui-même été abusé, enfant, par son propre père. L'impossibilité de sortir du cercle infernal engendré par la relation au père apparaît dans la clôture vertigineuse du texte, dont les dernières phrases sont aussi les premières. Écrit dans une langue dont l'étrangeté calculée intègre pour les détruire tous les clichés répandus par la presse et la publicité, Jupiter est aussi une satire féroce d'un monde falsifié où la réduction de l'être humain à l'objet répond à une logique économique omniprésente, où le langage commercial fait appel au vocabulaire des sentiments, où tout discours contestataire dégénère en slogans creux.

Georges-Arthur GOLDSCHMIDT (traducteur)

Jupiter, EXTRAIT

« (Flash-back)
Je me souviens exactement du jour. Dans un espace vert public, j'avais pratiqué les rapports sexuels autorisés au-dessus de 18 ans. Il échappe à mon appréciation de savoir par qui j'avais été jeté à terre et pénétré, car l'occasion ne s'était pas présentée d'avoir un contact visuel. Tout se déroula selon les règles.
En m'en allant, j'aperçus un jeune homme de mon âge, d'aspect agréable.
Il m'appela par mon nom : Martin.
Il m'appela par mon nom : Martin.
Je parlais avec lui. Non, Martin parlait avec lui.
Un battement de cil plus tard, je retrouvai Martin dans le logement de Harald.
J'étais, il était, non, nous étions depuis maintenant 15 minutes chez lui. Pourquoi nulle relation sexuelle n'avait-elle eu lieu ?
Il voyait mon aspect, non, l'aspect de Martin, mais n'avait même pas d'érection à offrir.
Je ne supportais pas d'être regardé. Je voulais m'en aller, mais Martin semblait se sentir bien là où il était. »

Mise en espace, scénographie : Hubert COLAS


Avec: Thierry RAYNAUD

Vidéo : Patrick LAFFFONT

Production : Diphtong Cie, avec le soutien de montévidéo

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