Patrick Laffont
Patrick Laffont est artiste plasticien, diplômé de l’École Supérieure des Beaux-Arts de Marseille.
Il conçoit des installations photo et vidéo in situ qui investissent l’espace de manière contextuelle en l’intègrant totalement dans l’enjeu artistique. Ses références sont multiples : le minimalisme, le land art, et l'arte povera, son travail esthétique oscille entre la prise de vue sobre et épurée, et le plan-séquence quasi pictural.
Il s’empare du réel et de son surgissement comme matière - et source d’inspiration. Ainsi en témoignent ses installations Fake #2 (présentée au Théâtre des Salins, scène nationale de Martigues) et Chien, où un plan de départ - sur un visage, une personne, un paysage... - par sa persistance, s’impose, se surimpose, et crée une forme visuelle onirique. Naît de là un jeu de formes et de symboliques simples, jeu que l’on retrouve dans la plupart de ses installations et films dont Tere mina, Hôtel résidence, Dokument (37’, HDV, 2007) ou Contexte Caroline (26’, mini dv, 2003 ).
Dans son travail pour les arts vivants, il conçoit l’image non comme décorum mais comme élément de narration à part entière. Au théâtre, il élabore entre autres les créations vidéo des spectacles d’Hubert Colas depuis 2004 , Cyril Teste - collectif MXM - depuis 2005, Jean-Louis Benoît en 2008 . Au sein du collectif de danse Skalen, il conçoit les dispositifs vidéo et scénographiques des spectacles Xenit, I Next, Bruit, Contexte, Précipités, Fragment #1, dispositifs où la vidéo, par des effets de dédoublements des mouvements, fait apparaître un nouvel interprète, considéré comme tel au moment de la danse. Dernièrement, il a collaboré à la dernière création RESET du collectif MxM, présentée à La Ferme du Buisson puis au Théâtre Gérard Philippe en février 2010.
Concepteur de dispositifs mettant à partie l’outil numérique et technologique, Patrick Laffont prend possession du temps et de l’espace sensible comme d’une matière malléable, à dilater ou contraindre, voire à multiplier. En témoigne sa collaboration avec Jurgen Ostarhild au projet morphingstudio, réalisation multimédia en temps réel.
Qu’elles soient ou non intégrées à d’autres formes d’art, les images de Patrick Laffont questionnent le corps, la temporalité, la perception, le réel. Le frottement des sens qu’elles convoquent invite à aborder l’altérité avec fascination, à glisser vers une douce folie, paisiblement schizophrène. Son travail pourrait se traduire par un mouvement global de «retour à l’intime».
Patrick Laffont est publié dans la revue IF n°29 et mène un feuilleton en collaboration avec Liliane Giraudon dans Action poétique. Il achète peu de plastique et n’a pas son permis.

