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sans faim (Manuel Vallade, Thierry Raynaud, Anne Lévy, Claire Delaporte)sans faim (Manuel Vallade, Edith Mérieau, Thierry Raynaud)sans faim (Manuel Vallade, Thierry Raynaud, Edith Mérieau)sans faim (Vincent Dupont, Manuel Vallade, Thierry Raynaud)sans faim (Thierry Raynaud)sans faim (Claire Delaporte, Thierry Raynaud, Manuel Vallade)sans faim (Claire Delaporte, Thierry Raynaud)sans faim (Nicolas Guimbard, Manuel Vallade, Thierry Raynaud)sans faim (Thierry Raynaud, Manuel Vallade)sans faim 2 (Vincent Dupont, Agustin Vasquez, Thierry Raynaud, Manuel Vallade, Frédéric Schulz-Richard, Claire Delaporte)sans faim 2 (Edith Mérieau, Cyril Texier, Isabelle Mouchard, Vincent Dupont)sans faim 2 (Thierry Raynaud, Manuel Vallade, Agustin Vasquez, Edith Mérieau, Cyril texier, Isabelle Mouchard)sans faim 2 (Edith Mérieau, Thierry Raynaud, Manuel Vallade, Agustin Vasquez, Cyril Texier, Isabelle Mouchard, Frédéric Schulz-Richard, Vincent Dupont, Claire Delaporte)sans faim (Frédéric Schulz-Richard, Claire Delaporte, Isabelle Mouchard, Cyril Texier)

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Hubert Colas, entretien avec Julien Fisera

sans faim et sans faim... (2)
Diptyque

Hubert Colas
crée le 20 mars 2008

sans faim est une pièce sur le bonheur perdu, tel que l’imaginent nos sociétés occidentales : une santé mentale et physique qui coïncide le plus exactement possible avec les normes qui nous enserrent. Ou plutôt, c’est une mise à l’épreuve de ce bien-être idéal, à travers une famille pour qui tout va bien, dans son monde confortable et repu – pour qui tout irait bien si la part du monde qu’ils excluent ne faisait brutalement retour…


sans faim... (2) poursuite et achève l'histoire de la famille "bien sous tous rapports" dont les codes ont complètement explosé dans le premier épisode. Les pulsions jaillissent, il y a un avènement des inconscients dans une fiction où le démentèlement du réel et le dérèglement des conduites tiennent lieu de trame.

sans faim, EXTRAIT

Si on les voit sans s'arrêter, ils semblent bien heureux
Bien heureux d'être là et d'accepter notre regard
Si on les approche, ils nous font penser à une famille.
Une famille heureuse d'être là et nous de les regarder
Si on les écoute, ils ont tout pour être une famille - heureuse
Si on parle avec eux il y a d'abord
Cette sensation d'être heureux avec eux
Une chaleur nonchalante avec ce trouble d'être bien avec eux
Que si la nuit tombait, on pourrait bien rester là près d'eux-heureux.
"On reste" l'un de nous dit
"On reste ?" se reprenant d'une voix plus grave
Car la première voix qu'il avait était celle d'un enfant
Et eux ils disent d'un coup
"Vous restez bien sûr que vous restez"
"C'est sans problème" dit un autre
Avec cette voix qu'ils ont où il finit par être difficile de savoir qui a parlé.
"On reste, alors" reprit ce même qui m'accompagnait avec cette même voix de l'enfance
Il rougit
Et là, le plus simplement du monde, la porte de la maison se ferma.
Le plus simplement du monde nous étions là avec eux chez eux en eux
C'était, vous vous en doutez, jusque-là du bonheur.
Et une fois goûté au bonheur vous vous en doutez
La peur de ne plus retrouver ça, s'installe
Et effectivement là s'installe, je dirais d'abord, comme un courant d'air
Comme si la porte qui s'était, s'était fermée trop vite et que le vent de peur de
rester dehors, s'était glissé avec nous dans la maison
Mais dans la maison il n'y a pas de vent
Après que la porte se soit fermée, tous... tous nous sommes restés debout
dans ce faux courant d'air mon ami toujours rouge de son enfance
Tous debout dans un silence comme vous vous en doutez
Debout comprenant que nous ne nous connaissions pas
Qu'à partir de maintenant il nous faudrait définir des territoires des espaces de partages

Des lieux où il faudrait partager être ensemble diviser accepter mettre en commun feindre de
pour certains sans doute s'aimer
Pour d'autres pas de mot pour dire le pire
Car c'est sûr le pire car ici je n'en suis qu'à la moitié du temps car très vite j'ai compris
que ce que nous partagions aussi c'était le temps et là c'est la moitié du temps le milieu le
moment de l'histoire où tout peut basculer alors le pire est peut-être devant nous...

sans faim... (2), EXTRAIT

On est venu
Vous dire
Entre autre
Pardon - pardon - pardon
Pardon - pardon - c'est sincère
Très
Entre autre?
Oui - Entre - Autre chose
On est venu
Vous dire
Combien
On s'excuse
On voulait pas
Et puis
Les choses
Les autres choses
Arrivent si vite
Que des fois
On manque
De contrôle
Oui c'est ça
Oui on manque de contrôle
Des fois
On manque beaucoup de contrôle
Des fois
Même énormément
Des fois même
C'est horrible
Horrible
On tue des gens
Non
Si
Non
Oh si des fois on tue des gens
Oui mais c'est sans le vouloir
On ne veut pas
On ne veut vraiment pas
Non c'est horrible
On dit « Aujourd'hui, je ne veux tuer personne»
On dit ça c'est vrai
«Aujourd'hui je ne veux tuer personne»
Et puis arrive
Cette «autre chose»
Ce malgré nous


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PRESSE


«Hubert Colas dénude jusqu'à l'os l'histoire de toute l'histoire, il montre le schématisme de tout scénario. Ses "personnages" sont à proprement parler sans histoire autre que celle de l'étranger faisant irruption dans la famille. Dès lors deux options : soit la famille se sent menacée et procède à l'exclusion ou, au contraire, à l'intégration/digestion; soit la famille malade accueille l'étranger en réparateur/ sauveur. (...) Les interprètes d'Hubert Colas sont avant tout des irréductibles, des sauvages peut-être, si sauvagerie veut dire ici l'inaptitude à la domestication et l'inaptitude à désirer au-delà des pulsions libidinales ou régressives. Il y a chez chacun d'eux une réprobation viscérale qui n'est que le désir profond de protéger une réserve, une sphère intime.
Marie-Mai Corbel in mouvement.net, 27 mars 2008



« Hubert Colas interroge la représentation du réel quand le réel devient virtuel, prend le pouls du temps quand on ne sait plus s'il s'accélère ou s'il s'effiloche, s'il nourrit nos vies ou les pourrit.
Il déplie une écriture dense et provocante qui imite jusqu'à l'absurde la logorrhée de notre temps, déconstruit les aphorismes qui hantent et désenchantent notre quotidien. Il presse sans répit les personnages de questions faussement dérangeantes, les abreuve d'assurances vaines, les fait trébucher sur le sens des termes ou bien encore déclamer d'irrésistibles boniments. Une écriture théâtrale engagée et de grande tenue qui nécessite de la part des comédiens bien plus que des voix : des corps, leurs ombres, une intelligence et une complicité de tous les instants.»
Pierre-Louis Rosenfeld in lesouffleur.net, 9 avril 2008


"Ce qui pourrait être l'énième variation sur le thème rebattu du «famille je vous hais» gidien prend ici une autre dimension. La langue d'Hubert Colas ne s'embarrasse ni d'envolées lyriques ni d'excès d'épithètes. Froide, clinique comme une notice de précautions d'emploi avant ingestion médicamenteuse, elle distille en continu un malaise doucereux. Avec les armes d'un vocabulaire standard sont recensées les dérives hautement toxiques du bouillon autarcique."
Alain Dreyfus, Libération, 22 mars 2004


« Avec sans faim, c’est la violence même, de sa genèse aux effets, qu’[Hubert Colas] semble traquer dans les moindres recoins de l’imaginaire collectif. On pourrait en parler en convoquant pêle-mêle, le Théorême de Pasolini (l’intrusion des jumeaux qui contaminent le clan comme un virus), l’ironie gore de Tarantino, la distance caustique de Jacques Tati, l’outrance impudique du Loft, les dérèglements virtuoses et virtuels de Matrix. Tout y passe, on dirait, si habilement que l’impression de déjà vu semble faire partie du jeu. Colas bien sûr n’évite pas le cliché. Mais réussit une gageure à ne pas sombrer dans le moralisme, qui certes n’a jamais été son rayon. Comme toujours chez lui, la vérité est à chercher entre les paradoxes. Qui du monstre ou de la norme fait cauchemar ? »
Delphine Huetz, Marseille l’Hebdo, 7 avril 2004

calendrier

    • du 20 mars au 19 avril 2008, Théâtre National de La Colline, sans faim et sans faim... (2)