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Une Mouette et autres cas d’espèces

Édith Azam, Liliane Giraudon, Angélica Liddell, Nathalie Quintane, Jacob Wren, Annie Zadek et Jérôme Game
Créé en 2016

Une Mouette et autres cas d’espèces

Édith Azam, Liliane Giraudon, Angélica Liddell, Nathalie Quintane, Jacob Wren, Annie Zadek et Jérôme Game
Créé en 2016

Libre réécriture de La Mouette d’Anton Tchekhov
par
Édith Azam, Liliane Giraudon, Angélica Liddell, Nathalie Quintane, Jacob Wren, Annie Zadek et Jérôme Game

Mise en scène et scénographie : Hubert Colas
Avec : Céline Bouchard-Cadaugade, Heidi-Eva Clavier, Jonathan Drillet, Valère Habermann, Florian Pautasso, Vilma Pitrinaite, Thierry Raynaud, Yuval Rozman, Cyril Texier, Laure Wolf

Assistanat à la mise en scène : Sophie Nardone
Vidéo : Pierre Nouvel
Lumières : Hubert Colas et Fabien Sanchez
Son : Frédéric Viénot
Costumes : Frédéric Cambier en collaboration avec Alexandre Chagnon
Regard dramaturgique : Sarah Cillaire
Traduction du texte d’Angélica Liddell : Christilla Vasserot
Traduction du texte de Jacob Wren : Christophe Bernard
Travail autour du clown : Alain Gautré
Préparation vocale : Sophie Hervé
Chef de chant : Thomas Tacquet
Construction du décor : Nanterre-Amandiers CDN
Remerciements à SPRUNG Frères pour les fourrures

Production : Diphtong Cie
Coproduction : Théâtre Gymnase-Bernardines (Marseille), Nanterre-Amandiers - Centre Dramatique National, Bonlieu Scène nationale Annecy, Pôle Arts de la Scène - Friche la Belle de Mai (Marseille), Théâtre Paul Eluard de Choisy-le-Roi - Scène conventionnée pour la diversité linguistique, Théâtre Anne de Bretagne (Vannes), Théâtre d’Arles, Scène conventionnée pour les nouvelles écritures
Avec le soutien du FIJAD, Fonds d’Insertion pour Jeunes Artistes Dramatiques, D.R.A.C. et Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, de montévidéo, créations contemporaines, de la SPEDIDAM et du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône - Centre départemental de créations en résidence
Pour ce projet, Hubert Colas et Diphtong Cie ont été accueillis en résidence à la Fondation Camargo, à Bonlieu Scène nationale Annecy et à Nanterre-Amandiers - Centre Dramatique National.
Remerciements : Humain trop humain - CDN Montpellier

> Créé du 26 au 30 avril 2016 au Théâtre du Gymnase, Marseille


Durée : 2h20 (sans entracte)

Pour cette nouvelle création, Hubert Colas a proposé à six auteurs contemporains de s’approprier les personnages et situations imaginées par Tchekhov pour parler, à leur tour, du monde, de l’art, de la littérature et de l’amour. Tréplev, Trigorine, Arkadina, Nina : ils sont tous là, sans compter quelques figures du répertoire, qui hantent la scène et nous entraînent dans une troublante radioscopie. Le résultat est une pièce multiple, qui ne se laisse enfermer dans aucune forme, tantôt comique, tantôt tragique, maniant le mélodrame et la mise en abyme, flirtant parfois avec le manifeste. Une pluralité de langages pour mieux traduire nos rêves, nos peurs et nos confusions.
Laurence Pérez

TOURNEE SAISON 2016-2017
- 30 novembre - 1er décembre 2016 à Bonlieu scène nationale Annecy
- 12-22 janvier 2017 à Nanterre-Amandiers
- 26 janvier 2017 au Théâtre Cinéma Paul Eluard, Choisy-le-Roi

TOURNEE SAISON 2017-2018
En cours d’élaboration

Photo : Hervé Bellamy

TEXTE M

Hubert Colas
CRÉÉ EN 2015

TEXTE M

Hubert Colas
CRÉÉ EN 2015

Texte, mise en scène, scénographie et interprétation : Hubert Colas

en collaboration artistique avec :
Assistanat à la mise en scène : Sophie Nardone
Vidéo : Pierre Nouvel
Lumières : Fabien Sanchez
Son : Frédéric Viénot
Costumes : Fred Cambier, assisté d’Edgar Fichet
Travail du mouvement : Odile Cazes-Laurent
Régie plateau : Olivier Achez

Production : Diphtong Cie
Avec le soutien de : montévidéo, créations contemporaines (Marseille)
Texte M est publié aux Editions Actes Sud-Papiers (2004)

> Texte M. a été présenté au Théâtre Sorano (Toulouse) avec le théâtre Garonne, les 19 et 20 mars 2015 (première étape de création) et à l’Usine C, les 1er et 2 novembre 2016 (seconde étape de création)

À l’origine Texte M. est une réponse à la commande proposée par l’Artchipel - Scène Nationale de Guadeloupe et Moïse Touré de la Cie Les Inachevés sur le thème « Contre quoi se rebeller aujourd’hui ? », à l’occasion du bicentenaire de la révolte des Guadeloupéens opposés au retour de l’esclavage.

Texte M., c’est l’histoire d’un homme face à sa liberté retrouvée. Ancien esclave, il affronte la solitude du monde moderne. Hanté par le souvenir de son asservissement, il erre au fond d’un trou en proie aux exigences de sa nouvelle condition d’homme libre. Il tente de découvrir ce « monde meilleur », conjuguant ce nouveau savoir-vivre avec ironie, dérision et hallucination.
Texte M., c’est cet homme en perte d’équilibre avec le nouveau monde qui l’entoure. Il ne sait pas comment l’entreprendre, il voit les humains comme des animaux prêts à tout. Il ne saisit plus ce qu’il entend, ne connaît pas de chemin tranquille - chaque nouveau signe devient le lieu d’une conquête pour sa liberté.
Texte M., c’est ce monologue vertigineux d’un être coincé dans un trou. Un être pensant, un être rêvant, un être rebelle. Un monologue souterrain. Une langue qui nous permet de pénétrer à l’intérieur d’un esprit et de toucher au point de séparation irrémédiable entre « je » et les autres. L’ironie et l’humour deviennent peu à peu les mots clefs de sa liberté.

TEXTE M. : DEBOUT !

Dans ce monologue impétueux, un homme rêveur et rebelle tente de faire le point entre un passé terrible et un avenir improbable. Hubert Colas, qui a publié ce texte il y a dix ans, le met en scène et l’interprète aujourd’hui.

Cela faisait plus de 10 ans que vous n’aviez pas joué...
Oui, c’est un besoin et une envie de me mettre à la place de l’acteur, de la redécouvrir aujourd’hui avec ma propre écriture. C’est comme boucler quelque chose, peut-être pour repartir ensuite vers d’autres aventures, en comprenant mieux la place de l’acteur et comment l’aider à aller plus loin.

Texte M. est-il plutôt optimiste - il évoque l’idée de « nouveau départ » - ou plutôt
pessimiste, à cause de ce que cet homme a vécu ?

Je pense que c’est un texte présent qui porte vers une réflexion positive. J’ai envie de dire qu’il a la tonalité d’une satire de notre société. Dans le texte, à un moment, le personnage dit « ne bougeons pas, ne bougeons pas puisque personne ne bouge » : c’est une critique de notre société très individualiste. On le voit au niveau de l’individu, mais ce protectionnisme est vrai quelle que soit l’échelle.

C’est un texte politique ?
J’ai l’impression, en le travaillant en ce moment, qu’il a une résonance politique, mais
humaniste, pas partisane. Si on se révolte à un moment donné, c’est contre soi-même d’abord, de façon à ce que notre engagement personnel se mette à exister et contamine les gens qui sont autour de nous. La rébellion passe par soi pour ne pas s’endormir !

Propos recueillis par Valérie Lassus, Clutch #28, mars 2015

« (…) Un trou. La mise en scène est organisée comme si cet homme se trouvait à l’intérieur d’un trou. Que représente-t-il ? Chacun peut y voir ce qu’il entend : asservissement, espace personnel et possessivité, métaphore des problèmes et difficultés... Il y a beaucoup de choses dans ce trou. Et dans celui du voisin ? Puisque chacun semble avoir le sien, pourquoi ne pas regarder dans ceux des autres ? D’ailleurs, n’empiètent-ils pas sur le mien ?
(…) L’Autre est tantôt regard, envie, désir, tantôt ami ou ennemi, voisin embêtant, menaçant, rival. C’est dans cette confrontation avec l’altérité qu’apparaît le sujet principal : le moi, incarné par le personnage sur scène. Le voici parmi la foule, dans la société, contre la société, tentant de s’en échapper. On le voit protégeant ses biens, ce qui lui appartient. Partager ? Non ! Un deuxième ? Non ! Seul ! Il est seul, veut être seul. S’il se sent menacé, s’il a le moindre doute, il peut tuer... »

Sandra Ferrara, Le clou dans la planche (Toulouse)

Credit photo : Hervé Bellamy

NECESSAIRE ET URGENT

Annie Zadek
CRÉÉ EN 2014

NECESSAIRE ET URGENT

Annie Zadek
CRÉÉ EN 2014

D’Annie Zadek
Mise en scène et scénographie : Hubert Colas

Avec : Bénédicte Le Lamer, Thierry Raynaud
Assistanat mise en scène : Sophie Nardone et Yuval Rozman
Lumières : Hubert Colas et Fabien Sanchez
Son : Frédéric Viénot
Musique : Oh ! Tiger Mountain
Vidéo : Dispositif : Hubert Colas / Images : Patrick Laffont
Costumes : Fred Cambier assisté de Jérémy Fouqué
Coach Vocal : Marie-Françoise Lefort
Construction du décor : Atelier Décor de humainTROPhumain - CDN de Montpellier

Une production Diphtong Cie
Coproduction : La Bâtie-Festival de Genève, Théâtre Garonne (Toulouse) et Théâtres Sorano / Jules Julien (Toulouse)
Avec le soutien du Carreau du Temple - établissement de la Ville de Paris, de la Ménagerie de Verre dans le cadre du Studiolab (Paris), de montévidéo - centre de créations contemporaines (Marseille), du Théâtre Joliette-Minoterie (Marseille), du Théâtre d’Arles et de Humain trop Humain - Centre Dramatique National de Montpellier

> Créé les 1er et 2 septembre 2014 à La Bâtie-Festival de Genève


524 questions, comme des déferlantes. Les questions qu’Annie Zadek n’a pas posées aux siens, Juifs polonais et communistes, immigrés en France en 1937, moins pour fuir les nazis que pour échapper à une condition sans avenir. Ils voulaient vivre leur jeunesse, leur engagement politique et intellectuel ; leur exil était aussi fait d’élan et de ferveur. À leurs enfants, devenus français, ils n’ont jamais parlé de ce qu’ils avaient laissé derrière eux, leurs parents, leur maison, leur passé. En inventant cette forme incisive − à la fois supplice, questionnaire policier et QCM – Annie Zadek dit avoir eu l’impression d’écrire un manuel pour séances de spiritisme : l’écrivain n’est-il pas celui qui “fait parler les morts” ? L’auteur et metteur en scène Hubert Colas partage l’urgence poétique de ce geste et donne corps au questionnement de l’histoire vécue. Dans sa radicalité, sa minimalité, ce texte lui semble apostropher notre monde : qu’est-ce qui fait qu’on reste ou qu’on part, que certains choisissent de se séparer de ceux qu’ils aiment, qu’un étranger s’intègre ou non dans une population ? Deux acteurs, dans un dispositif scénique sobre et puissant, lancent ces appels aux fantômes. Par leurs voix, leurs corps, leur écoute, ils rendent leur silence à notre présent.
Anne-Françoise Benhamou

PRESSE

Mise en abyme d’une destruction de masse qui, dans la mise en scène d’Hubert Colas, se dit à deux, génère un devenir commun où la parole se partage à travers la succession des questions et qui, dans le dernier chapitre, se tourne vers le présent. Ce temps qui est celui qui apporte le plus à l’auteure, porte ouverte sur l’à-venir.
Fabienne Arvers, Les Inrockuptibles

Donnant corps à cette sorte de poème tragique sec, pulsé par saccades, Hubert Colas le répartit entre un homme (Thierry Raynaud) et une femme (Bénédicte Le Lamer) en noir, surgis de l’ombre pour mieux y retourner à la fin, après nous avoir pris à témoin, de face, durant une heure au cours de laquelle ils auront subtilement révélé l’absence collective à jamais sous le couvert des mots énoncés, ainsi devenus des « bouchées intelligibles », comme disait Claudel.
Jean-Pierre Léonardini, L’Humanité

Il y a des questions que l’enfant n’a pas posées (...) Nécessaire et urgent d’Annie Zadek revient sur ces interrogations restées sans réponses. Dans la mise en scène remarquable de justesse, d’équilibre et de sobriété qu’en donne Hubert Colas, un doute s’instaure de prime abord sur l’identité de ceux à qui s’adressent ces séries de phrases interrogatives. (...) Construite autour d’un cube transparent bientôt envahi de fumée, la scénographie traduit avec tact cette immersion au coeur d’une mémoire lacunaire et qui cherche son chemin à tâtons dans un espace flou, lointain et peuplé d’angoisses. Le jeu précis et d’une grande pudeur du duo de comédiens Bénédicte Le Lamer et Thierry Raynaud donne tout leur poids à ces sondes lancées dans le passé pour nous parler d’aujourd’hui.
Hugues Le Tanneur, Libération

EXTRAIT

Pourquoi sont-ils restés sur place ?
Pourquoi ne sont-ils pas partis ?
Parce que c’était leur terre natale ?
Qu’ils étaient nés dans ce pays ?
Qu’ils voulaient s’y faire enterrer ?
Qu’ils n’avaient nulle part où aller ?
Qu’ils ne pouvaient pas se résoudre à abandonner
leur foyer ?
Qu’ils ne pouvaient pas imaginer ce qui allait
leur arriver ?
Étaient-ils si mal informés ?
N’écoutaient-ils pas la radio ?
Ne lisaient-ils pas les journaux ?
Ne lisaient-ils que « Les Commentaires » de Rachi ?
N’avaient-ils donc pas compris ?
Étaient-ils à ce point crédules ?
Furent-ils si faciles à duper ?
Avaient-ils déjà oublié ?
Les signes avant-coureurs avaient-ils manqué ?
Ne les avait-on pas déjà obligés à chanter ?
Forcés pendant des heures à danser et sauter ?
Contraints de se tenir jusqu’à épuisement sur un pied ?
N’avait-on pas déjà enlevé leurs couvertures
aux malades ?
N’avaient-ils pas été battus pour avoir dit à
quelqu’un : « Camarade » ?
Pour être allé chez le coiffeur ?
S’être fait faire une indéfrisable ?
Ne leur avait-on pas déjà interdit d’écrire des lettres
à l’étranger ?
D’avoir des pantalons rayés ?
De se marier ?
D’avoir des enfants ?
De recouvrir leurs morts d’un papier ?
(...)

NECESSAIRE ET URGENT A ETE PRESENTE...

- à La Colline - théâtre national, Paris, du 12 mai au 4 juin 2016
- au Théâtre Joliette-Minoterie, Marseille, du 21 au 25 avril 2015
- au Théâtre d’Arles, le 27 mars 2015
- au Théâtre Garonne/Théâtre Sorano, Toulouse, du 9 au 13 décembre 2014
- à L’Usine C, Montréal, les 28 et 29 octobre 2014, avec le soutien de l’INSTITUT FRANCAIS / REGION PACA
- à La Bâtie-Festival de Genève, les 1er et 2 septembre 2014

Crédit photo : Hervé Bellamy

KOLIK

Rainald Goetz
CRÉÉ en 2011

KOLIK

Rainald Goetz
CRÉÉ en 2011

De Rainald Goetz

Mise en scène, scénographie et lumières : Hubert Colas
Avec : Thierry Raynaud
Assistanat mise en scène : Sophie Nardone
Vidéo : Patrick Laffont
Son : Frédéric Viénot
Traduction de l’allemand par Olivier Cadiot et Christine Seghezzi

Production : Diphtong Cie
En coproduction avec la Comédie de Reims - Centre Dramatique National ; le Théâtre Garonne, Toulouse ; le Centre Pompidou-Metz et le Théâtre des Salins - Scène Nationale à Martigues
Avec le soutien du CENTQUATRE-PARIS, du Festival actoral et de montévidéo – centre de créations contemporaines


Kolik constitue le troisième volet de la trilogie Guerre. 
Suite à un premier volet consacré à la guerre dans la société contemporaine, un deuxième volet évoquant le conflit dans la sphère familiale, Kolik met en scène l’individu face à lui-même au moment de sa mort.

« Qu’est-ce que l’on attend de l’homme.
De cet autre soi qui nous encombre du dedans.

Qu’est-ce qui nous pousse dans le cerveau
Qui crée la faillite de la pensée

Qu’est-ce que c’est que cette société
Qui de crise en crise produit de petites révolutions étouffées

Qu’est-ce qui nous donne l’envie de voir tout du début
Qui nous donne envie de nous asseoir un peu à côté

Qu’est-ce que l’empreinte d’un grand silence
Qui nous amène le désir d’entendre la mémoire d’un premier cri

Qu’est-ce qui m’attache à toi
Qui m’enlève à moi-même

« Kolik » C’est cet autre soi redouté,
aimé parfois mais souvent rejeté
Non pas mépris de soi
Ou par je ne sais quelle dépression
Qui nous jouerait des tours
Non
Kolik c’est ce besoin insatiable
Mais combien enseveli au fin fond de l’être
Qui nous intime l’ordre d’apparaître à nous-mêmes
Enfin et pour l’éternité
Qui nous intime ce besoin premier
Au-delà de toute apparence et de toute contrainte sociale
D’être et de nous constituer par nous-mêmes

Kolik c’est la lutte de l’esprit contre les poisons qui hantent notre chair face aux désirs
C’est la réalisation possible, fulgurante d’un texte qui appelle à la confession sans religion
C’est au bout de soi par tous les pores de la peau
C’est la lumière dans le sombre le plus reculé
C’est apprendre à perdre le langage pour y découvrir ces merveilles
C’est se forger de la force des mots pour être saisis par la musique
Une musique abstraite qui nous dresse d’un coup à tout saisir
La capacité enfin retrouvée d’acception de son ignorance comme le fondement de notre compréhension
face à ce qui nous entoure
L’écriture de Kolik est un corps traversé par l’espérance d’une vie retrouvée, débarrassée de toute
l’appréhension du monde qui l’entoure
Un corps vide, un corps savant, un corps matière, un corps guidé par l’odorat de la parole. »

Hubert Colas

« Kolik.
Chambre.
Cri strident. Eclair d’éclair de lumière. Chaise de bureau. Corps masculin en état de décomposition. Odeur de mort. Obscurité. Prestissimo volando. 17 secondes. Chant. Le temps est compté. Littéralement, mot pour mot, je me suis étudié. Et j’ai tout rayé. Sauf moi. »

Rainald Goetz

EXTRAIT

Dur
Question dure
Lui question dure
Moi mais pourquoi pourquoi
Lui question dure
Moi (Oh mais) mais pourquoi
Moi pourquoi et lui question dure
Et ainsi de suite et ça dure
Lui tiens tiens une rime
Moi une quoi
Lui une rime moi pourquoi
Lui quoi pourquoi pourquoi
Moi quoi quoi pourquoi
Lui jamais de pourquoi jamais
Moi pourquoi jamais pourquoi
Lui allez encore encore une fois du début
Moi pourquoi encore une fois du début
Lui alors et alors
Moi et alors
Lui et alors question dure question stricte haine
Moi haine pourquoi pourquoi haine
Lui ordre dureté discipline
Moi mais pourquoi
Lui encore jamais de pourquoi quoi pourquoi
Moi mais si pourquoi moi pourquoi encore
Lui parfait
Moi quoi parfait
(...)

Il boit

Pourquoi
Moi pourquoi
Moi toujours pourquoi
Ma question toujours encore pourquoi dureté
Lui encore et toujours pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi
Moi ma question toujours encore seulement pourquoi
Lui seulement dureté ordre réponse de haine
Moi réponse pourquoi
Lui réponse haine
Moi pourquoi
Et lui haine
...

PRESSE

France Culture - Sophie Joubert
« (...) C’est une expérience physique qui va, durant 1h10, vous clouer à votre fauteuil (...). Kolik n’est pas un texte aimable, qui se laisse apprivoiser. C’est un texte qui résiste, qui agresse, insulte, défie l’entendement et la logique. (...) »

Télérama - Emmanuelle Bouchez
« (...) Kolik décrit la lutte obsessionnelle d’une conscience qui veut appréhender son propre fonctionnement. L’incroyable acteur Thierry Raynaud articule des paroles qui ne sont pas encore des pensées, mais plutôt de la matière brute… (...) Et nous ? Hypnotisés, nous éprouvons l’étrange sensation de flotter dans un espace-temps incertain. Renvoyés à nous-mêmes. »

Les Inrockuptibles - Patrick Sourd
« (...) C’est en usant du potentiel d’illusion dont se réclame le théâtre que […] Colas recrée un phénomène de transe qui ne s’appuie que sur le contenu des mots. Dépouillée de son masochiste sens du sacrifice, la découverte de cet
auteur écorché vif mérite d’autant plus le détour. »

KOLIK A ETE PRESENTE...

- à Humain trop humain - CDN de Montpellier, du 24 au 26 février 2015
- à La Friche la Belle de Mai, Marseille, les 19 et 20 février 2015
- À Espaces Pluriels, (Pau), le 8 avril 2014
- Au Théâtre Garonne - Scène Européenne, Toulouse, les 11 et 12 avril 2013
- Au Théâtre de Vanves, dans le cadre de la Carte blanche au festival Artdanthé, les 19 et 20 mars 2013
- Au Festival delle Colline - Turin (Italie), les 15 et 16 juin 2012
- À l’Usine C - Montréal, les 21 et 22 mars 2012
- Au Printemps des poètes à Québec, le 17 mars 2012
- À L’Atheneum, Théâtre de l’ Université de Bourgogne, le 16 février 2012
- À La Comédie de Reims, les 09 et 10 décembre 2011
- Au Théâtre National de Marseille - La Criée, du 27 septembre au 01 octobre 2011
- À La Ménagerie de Verre - Paris, du 7 au 18 juin 2011
- Au Théâtre des Salins, Scène nationale à Martigues, le 8 avril 2011
- Au Festival VIA - Maubeuge, du 30 mars au 01 avril 2011
- CRÉATION Au Théâtre du Saulcy - Metz en partenariat avec le Centre Pompidou-Metz, le 16 et 17 mars 2011
- Au Théâtre Les Ateliers - Lyon, le 27 mai 2010, dans le cadre des Européennes 10

Crédit photo : SCJ

12 Sœurs slovaques

Sonia Chiambretto
Créé en 2009

12 Sœurs slovaques

Sonia Chiambretto
Créé en 2009

De Sonia Chiambretto

Mise en scène et scénographie : Hubert Colas
Avec : Dominique Frot et Nicolas Dick
Lumières : Nicolas Marie et Hubert Colas
Vidéo : Patrick Laffont
Son : Nicolas Dick
Assistanat mise en scène : Sophie Nardone
Assistanat scénographie : Nicolas Marie
Régie générale : Nicolas Marie

Production : Diphtong Cie, en coréalisation avec le théâtre des Salins, scène nationale de Martigues et avec le soutien de montévidéo-centre de créations contemporaines.

12 soeurs slovaques est le dernier volet de Chto Trilogie, précédé de Chto Interdit aux moins de 15 ans et de Mon képi blanc, de Sonia Chiambretto, publié chez Actes Sud-Papiers.

Sonia Chiambretto est représentée par L’Arche, agence théâtrale.

Crédit photo : Hervé Bellamy

- Créé au Théâtre de la Cité Internationale, Paris, du 5 au 20 novembre 2009.


« J’ai rencontré Soeur Rose dans la Maison mère des religieuses où elle a grandi et où elle vit. Elle est transportée de Tchécoslovaquie en France à l’âge de 8 ans. Elle ne parle pas la langue française. On dit qu’elle fait partie de "la première fournée tchécoslovaque", on parle de "trains de petites filles tchèques", de fuite "des régimes dictatoriaux", d’une nouvelle "petite main d’oeuvre". »
Sonia Chiambretto

PRESSE

« (...) Dans 12 soeurs slovaques, Dominique Frot est magnifiquement subtile et drôle en bonne soeur qui fit un voyage épique, en groupe aliénant toujours, de la Tchécoslovaquie communiste vers la France et son couvent de bonnes soeurs étouffan de frustrations et maniant la mesquinerie. Inattendue religieuse, dans une atmosphère sépulcrale, que construit la comédienne : mutine dans sa naïveté, dérangeante dans son acception, et que les assauts de joie entrecoupés de désarroi larmoyant ne laissent pas de surprendre. »
Aude Brédy, l’Humanité

« Lorsque j’ai écrit 12 sœurs slovaques, j’ai de suite envoyé le texte à une amie, en lui demandant son sentiment et en lui assurant que ça allait la faire rire, se souvient Sonia Chiambretto. Elle m’a répondu le lendemain en me disant que c’était absolument terrible, ce qui m’a déconcertée. » L’anecdote pourrait laisser dubitatif qui a déjà été percuté par la violence sourde des écrits de cet auteur originaire d’Aubagne, obsédée par l’idée de fuite des origines et de pays fantasmés (...).
Pourquoi son anecdote ? Une coquetterie d’auteur ? Ce serait passer à côté de ce qui fait la beauté énigmatique des écrits de Sonia Chiambretto : une tension permanente entre pulsion de mort et élan vital, entre lourdeur affective du sujet et sophistication ludique de la composition.
Eve Beauvallet, Mouvement.net

« (...) Qu’il mette en scène des classiques ou des textes contemporains, Hubert Colas signe des scénographies puissantes qui s’impriment fortement dans nos mémoires. (...) Il n’a jamais fait du beau pour du beau, de l’étrange pour de l’étrange. Et c’est bien en metteur en scène, en homme qui est là pour nous aider à aller au coeur d’un texte, à le comprendre, qu’il imagine ses scénographies. »
Armelle Héliot, Le Figaro

Mon Képi blanc

Sonia Chiambretto
CRÉÉ en 2007

Mon Képi blanc

Sonia Chiambretto
CRÉÉ en 2007

De Sonia Chiambretto

Mise en scène et scénographie : Hubert Colas
Avec : Manuel Vallade
Assistanat mise en scène : Sophie Nardone
Lumières : Encaustic - Pascale Bongiovanni et Hubert Colas
Vidéo : Patrick Laffont
Son : Frédéric Viénot
Régie générale et son : Frédéric Viénot
Régie lumières : Stéphane Salmon

Production : Diphtong Cie
Avec le soutien de montévidéo - centre de créations contemporaines
Mon Képi blanc a bénéficié d’une aide à l’écriture de la DMDTS / Ministère de la Culture

Mon Képi blanc est le deuxième volet de Chto Trilogie, précédé de Chto Interdit aux moins de 15 ans et suivi de 12 Soeurs slovaques, de Sonia Chiambretto, publié chez Actes Sud-Papiers.

Crédit photo : Hervé Bellamy

- Créé à Triangle France La Friche La Belle de Mai, Marseille, dans le cadre d’actOral.6, festival international des arts et des écritures contemporaines, du 2 au 6 octobre 2007.


« J’ai grandi à Aubagne, en face de la Légion étrangère. Mon Képi blanc, composé comme une partition sonore, est écrit à partir d’entretiens, de conversations enregistrées avec des Képis Blancs de la Maison mère de la légion étrangère à Aubagne. Je me suis intéressée particulièrement à la Musique de la Légion. Elle réunit dans ses chants des hommes venus de toute l’Europe et raconte les Colonies. D’origines différentes et de langues maternelles différentes, les légionnaires parlent une langue mixte et commune à eux tous, une langue bouleversée, une langue qui dit un temps et un lieu oubliés, une langue française « étrangère », une langue nouvelle dont la structure même, dans sa composition et ses respirations, constitue une matière sonore, un paysage qui fait sens à une représentation de l’exil, de l’itinérance, de la guerre, de la rupture, de la renonciation, de la perte, mais aussi de l’utopie et des croyances.... »
Sonia Chiambretto

« De sa longue familiarité avec la soldatesque, de rencontres et de confessions, Sonia Chiambretto a tiré un texte – un long poème – intitulé Mon Képi blanc. Pas exactement une ode à la virilité et au drapeau, plutôt un monologue halluciné et un combat intérieur, incarnés par Manuel Vallade.
Dans un dispositif doublement contraint – il est filmé en direct en plan américain ; son image (tête, tronc) apparaît sur un écran et il est planté à l’intérieur d’un vaste cube tendu de rouge qui évoque un catafalque -, l’acteur, qu’a dirigé Hubert Colas, reprend tout à son compte, y compris la typologie d’un texte où tous les ON, comme celui de légiON, sont écrits en majuscules. Puissance, détresse, musique, il y a de tout cela dans le texte choc de Sonia Chiambretto et dans la prestation de Manuel Vallade. »
René Solis, Libération, vendredi 5 octobre 2007

Mon Képi blanc a été présenté :

- Au Théâtre de Vanves, dans le cadre de la Carte blanche au festival Artdanthé, Les 19 et 20 mars
- Au Bois de l’Aune, Aix-en-Provence, les 14 et 15 décembre 2012.
- Au Théâtre Durance à Château - Arnoux, le 21 avril 2012.
- Au Théâtre du Saulcy, Metz, en partenariat avec le Centre Pompidou-Metz, le 18 mars 2011.
- À L’Atheneum, Théâtre de l’ Université de Bourgogne, les 20 et 21 octobre 2010, avec Thierry Raynaud.
- Au Carré Sainte-Maxime, Festival Sous le Soleil, le 8 octobre 2010.
- À la Comédie de Caen, avec Chto Interdit aux moins de 15 ans du 31 mars au 1 avril 2010.
- Au Théâtre Les Ateliers, Lyon, du 15 au 18 décembre 2009, avec Thierry Raynaud.
- Au Lieu Unique, Nantes, du 1 au 5 décembre 2009, dans le cadre de CHTO Trilogie, avec Thierry Raynaud.
- Au Théâtre de la Cité internationale, du 5 au 20 novembre 2009, dans le cadre de CHTO Trilogie.
- À L’Hippodrome, Douai, scène nationale, les 20 et 21 octobre 2009.
- Au Festival d’Avignon, Chapelle des Pénitents blancs, du 24 au 26 juillet 2009.
- CRÉATION ÀTriangle France La Friche La Belle de Mai, Marseille, dans le cadre d’actOral.6, festival international des arts et des écritures contemporaines, du 2 au 6 octobre 2007.
- À montévidéo – centre de créations contemporaines, Marseille, Etude 1, mise en espace, dans le cadre d’actOral.4 en 2005.

Face au mur

Martin Crimp
Créé en 2006

Face au mur

Martin Crimp
Créé en 2006

De Martin Crimp

Mise en scène : Hubert Colas
Avec : Isabelle Mouchard, Thierry Raynaud, Frédéric Schulz-Richard, Manuel Vallade et en alternance Pierre Laneyrie et Yuval Rozman
Scénographie : Hubert Colas
Assistanat mise en scène : Sophie Nardone
Univers sonore : Zidane Boussouf
Lumières : Pascale Bongiovanni & Hubert Colas
Vidéo : Patrick Laffont
Régie Générale & son : Frédéric Viénot
Régie lumière : Fabien Sanchez
Régie plateau : Stéphane Luchetti

Trilogie composée des pièces Tout va mieux, Face au mur (traduction de l’anglais par Elisabeth Angel-Perez) et Ciel bleu ciel (traduction de l’anglais par Hubert Colas)

L’Arche Editeur est agent théâtral

Production : Diphtong Cie
Coproduction : Théâtre du Gymnase de Marseille ; Festival d’Avignon ; Festival Perspectives de Sarrebruck, Allemagne.
Avec le soutien de montévidéo - centre de créations contemporaines

Crédit photo : Hervé Bellamy

> Créé au Théâtre du Gymnase à Marseille, du 27 février au 4 mars 2006


Dramaturge de la dérision, Martin Crimp s’affirme ces dernières années comme l’un des plus brillants auteurs du théâtre européen. Ses trois pièces courtes, Ciel bleu ciel (Whole blue sky), Face au mur (Face to the wall) et Tout va mieux (Fewer Emergencies), sont des projets singuliers qui nous entraînent dans les dédales d’un inquiétant univers urbain. Suite à un travail de mise en espace sur les textes Face au mur et Tout va mieux, Hubert Colas commande à Martin Crimp un troisième texte Ciel bleu ciel pour former cette trilogie.

« Cela part de rien. Il y a des êtres. Ils sont simplement là. Attendent-ils ou bien savent-ils quelque chose ? Quelque chose qu’ils vont nous révéler, nous apprendre, parce qu’ils sont là, devant nous, sans être des personnages. Il faut quatre acteurs nous dit l’auteur, 1 2 3 4. Ils viennent face à nous avec des mots simples mais très vite saisissants. Un reflet du monde nous parvient. Ce qu’ils disent, ce qu’ils décrivent, est comme là, sous nos yeux, une mémoire vivante de ce qui nous entoure dans les sociétés occidentales ; le calme semble-t-il… Et puis, tout à côté, ou peut-être même chez nous, tout vacille. L’effroyable au milieu du calme et du banal, arrive et nous frappe ou frappe des innocents, nos proches.
Il nous vient alors des images, on se souvient des actes commis dans des lieux publics, une mairie, une école, comme dans Face au mur où l’effroi et la violence entrent dans une banale salle de classe et sèment la terreur. C’est chez nous, dans nos quartiers, dans nos rues, dans nos maisons, que la terreur peut entrer à tout moment.
« À l’abri de rien » pourrait être le sous-titre de ces trois pièces courtes. Sortant du théâtre, on nous apprend que pendant que nous étions bien assis confortablement sur nos fauteuils, à deux pas, des êtres sont blessés, peut-être morts.
Ces trois textes nous rappellent avec légèreté, humour et une violence froide que le confort, où le plus grand nombre d’entre nous se repose, nous fait oublier toute une partie du monde.
A tout moment, elle peut surgir face à nous, exprimant par n’importe quel moyen son désir de vivre. Exprimant peut-être par l’horreur, l’espoir d’une identité retrouvée. Si ces actes ne sont pas justifiables, rien ne justifie non plus que nos sociétés modernes ne recherchent pas, par de nouveaux chemins, une plus grande humanité entre les êtres. »
Hubert Colas

PRESSE

« Chirurgien de la dérision, Crimp ouvre les plaies et procède à d’étranges greffes. (…) Colas trouve aujourd’hui un parfait équivalent scénique à l’effrayante fluidité de la langue de Crimp. Sa mer de ballons est en fait une coulée de lave. »
René Solis, Libération

« Hubert Colas a toujours dépeint des individus en proie à une violence irrépressible. Sa singularité est d’avoir le chic pour styliser la sauvagerie intime et sociale qui s’est répandue dans un monde occidental aux pulsions à vif. Les trois courts textes qu’il a montés ici apparaissent tous d’une même féroce actualité. »
Joshka Schidlow, Télérama

« Evocation des réalités d’une société occidentale crispée sur la préservation de son identité, son obsession de la sécurité et de la stabilité, sa hantise maniaque de paraître : l’écriture de Martin Crimp témoigne de nos sociétés vouées au tout sécuritaire et fait émerger la consciences du manque d’humanité qui en découle. Une société sans projet et sans idéal, si ce n’est celui de garder ce qu’on a, est une société amnésique et insensée qui perd tout désir.
Pour autant, pas de grands discours théoriques sur scène ni débauche dramatique de désespoir : l’impasse absurde dans laquelle s’enfoncent les êtres de Face au mur apparaît à travers la naïveté et le ridicule de leurs propos. »
Fabienne Fillâtre, Ventilo, février 2006

EXTRAITS - Face au mur

Un aérosol – c’est ça — c’est bien ça — de sang qu’il n’avait pas prévu — il n’avait pas prévu l’aérosol de sang — ni le son — c’est bien ça — ni le son de ces enfants angoissés quand sa tête était sur l’oreiller blanc — sur l’oreiller blanc — ne m’aidez pas — quand sa tête était sur l’oreiller blanc à se représenter la scène — mais maintenant — ne m’aidez pas — mais maintenant c’est clair — et il y a un autre son — c’est quoi cet autre son ? — ne m’aidez pas, ne m’aidez pas — le son de son coeur — non — oui — oui — le son de son coeur — le son de son propre coeur — le son du coeur du tueur qui résonne dans la tête de tueur — c’est ça — c’est bien — qu’il n’avait pas prévu — il n’avait pas prévu le son de son propre coeur dans sa propre tête — remplissait sa tête — son propre coeur remplissant sa tête de sang — qui bat dans ses oreilles — fait battre ses oreilles de sang — comme un nageur — pas nageur — ne m’aidez pas — comme un plongeur — c’est cela — plongeant dans le sang — il est comme un plongeur plongeant dans le sang — c’est ça — c’est bien — très bien — il descend profond — il descend profond loin de la lumière — il plonge dans le sang — qui bat — qui bat dans ses oreilles et qu’est ce que tu regardes comme ça — hein ? — hein ? qu’est ce que tu regardes comme ça ? — retourne
toi — regarde ailleurs — non — retourne— toi — c’est ça — retourne—toi oui c’est toi le prochain — sois sage ou c’est toi le prochain — c’est ça — c’est bien — tu as vu
ce qui est arrivé à l’enfant A, tu as vu ce qui est arrivé à l’enfant B, tu as vu ce qui est arrivé à l’enfant C, tu as vu ce qui est arrivé à l’enfant C — non — oui — non — ne m’aidez pas — Pause. Ne m’aidez pas — (...)

Face au mur a été présenté :

- Au Bois de l’Aune à Aix-en-Provence, les 31 mars et 1er avril 2016.
- Au Rive Gauche à Saint-Etienne-du-Rouvray, le 27 novembre 2015.
- À La Passerelle Scène nationale de Gap, le 24 novembre 2015.
- Au Théâtre de Grasse, les 13 et 14 novembre 2015.
- À L’ Usine C, Montréal (Canada), du 23 au 25 Janvier 2014.
- À La Friche La Belle de Mai, Marseille, 16 et 17 janvier 2014.
- Au Lieu Unique à Nantes, du 24 au 26 mars 2010.
- Aux Espaces Pluriels à Pau, le 16 mars 2010.
- À Bonlieu - scène nationale d’Annecy, les 9 et 10 mars 2010.
- Au Théâtre National de La Colline à Paris, du 29 octobre au 27 novembre 2008.
- Au Théâtre Garonne à Toulouse, du 18 au 20 janvier 2008.
- Au Festival des Jeunes Théâtres d’Omsk, Russie, le 30 octobre 2007.
- Au Théâtres en Dracénie à Draguignan, le 23 octobre 2007.
- Au Théâtre du Gymnase à Marseille, du 9 au 13 octobre 2007.
- Au Festival Perspectives de Sarrebruck, Allemagne, du 8 au 11 juin 2006.
- Au Théâtre du Gymnase à Marseille, du 27 février au 4 mars 2006.

Chto Interdit aux moins de 15 ans

Sonia Chiambretto
Créé en 2005

Chto Interdit aux moins de 15 ans

Sonia Chiambretto
Créé en 2005

De Sonia Chiambretto

Mise en scène et scénographie : Hubert Colas
Avec : Claire Delaporte
Lumières : Encaustic - Pascale Bongiovanni et Hubert Colas
Vidéo : Patrick Laffont
Son : Nicolas Dick
Assistanat mise en scène : Sophie Nardone 

Assistanat scénographie : Nicolas Marie
Décors : Olivier Achez and Relax Factory

Production : Diphtong Cie
Co-production : Théâtre National de Marseille - La Criée ; Théâtre des Salins – National Stage, Martigues.
Avec le soutien de montévidéo - centre de créations contemporaines

Le texte est publié chez Actes Sud-Papiers. Sonia Chiambretto est représentée par l’Arche, agence théâtrale.

Chto Interdit aux moins de 15 ans est le premier volet de la Chto Trilogie (composée des textes Chto Interdit aux moins de 15 ans, Mon Képi Blanc et 12 Sœurs slovaques).

Crédit photo : Patrick Laffont

- Créé aux Correspondances de Manosque, le 23 Septembre 2005, dans le cadre du festival actOral.4


"Le déclencheur de cette histoire est la description poétique d’une scène de guerre dans Agamemnon, texte que j’ai lu à une jeune fille tchétchène rencontrée à Marseille dans un centre d’apprentissage de la langue française. Elle arrive de Tchétchénie, en Europe. Elle a 18 ans. Elle fuit la guerre. Je lui demande de témoigner sur son voyage, j’enregistre son histoire.
Expériences de langue 1 Elle raconte son voyage dans la langue du pays d’accueil, la France. Elle parle encore très peu cette langue. 2 Quelques mois plus tard, elle me raconte la même histoire (le voyage). Elle parle plus sa nouvelle langue. Comment la langue se déplace - t-elle et joue t-elle sur la mémoire ? 3 Elle me raconte la même histoire dans sa langue (Tchétchène). Quand elle parle dans le micro, elle sait que je ne comprends pas, jusqu’où le témoignage est possible ?"
Sonia Chiambretto à propos de Chto Interdit aux moins de 15 ans

"Quand nous arrivons à Saint Pétersbourg ma mère avec grand-mère, ma soeur, ma nièce et moi Sveta, nous sommes prises par la police
Les militaires comme ça sur le quai
Ils ont pris ma mère avec grand-mère, ma soeur, ma nièce et moi Sveta
Ils [la police Russe] ont dit : Rah vous êtes tchétchènes Venez avec nous On fait une vérification On regarde votre papier Qui êtes-vous
Comme ça
Il y a un froid-là Il y a beaucoup de neige nos jambes s’enfoncent jusqu’aux genoux Ils nous font rentrer Nous sommes tous rentrés Ma mère grand-mère ma soeur ma nièce moi Sveta la police Russe comme ça
Ils ont dit [les policiers R] : Oh Pourquoi tu ne me regardes pas Quoi Tu as vu un fantôme ou quoi Quoi
Ils ont bu Ils ont fumé Ils sont comme fous comme ça"
Extrait de Chto Interdit aux moins de 15 ans

Chto Interdit au moins de 15 ans a été présenté :

- À La Passerelle - National Stage, Gap
- À la Comédie de Caen
- Au Lieu Unique, Nantes
- Au Théâtre de la Cité internationale
- Au Festival Contre-Courant
- À La Criée - Théâtre National de Marseille
- Aux Correspondances de Manosque

Diphtong Cie - Hubert Colas - 3, impasse Montévidéo 13006 Marseille - Tél : 04 91 04 68 41 - info@diphtong.comcrédits